Dépendance
Questions pour une campagne présidentielle
La réponse de notre société aux vieillissement et à la dépendance sera-t-elle au rendez-vous de la campagne électorale qui s’amorce ? Si le débat est à la hauteur du calendrier politique, les pressions financières sont importantes.
Voilà une absence qui a étonné plus d’un spécialiste des questions sociales : si la dépendance est dans le programme de François Hollande, ce n’est que sur le principe d’une réforme, pas dans ses détails. Du coté du probable candidat Nicolas Sarkozy, on se demande comment aborder la question, le président ayant, finalement, repoussé une réforme qu’il avait lui-même annoncé comme fondamentale.
La question est complexe car, beaucoup s’accordent à le dire, le dossier se résume presque à une interrogation : comment faire mieux avec moins ? Et tous les travaux réalisés en 2010 et en 2011 montrent à la fois que l’on fait déjà, et que les principales limites d’intervention sont financières. Difficile donc.
Les Français attendent, quant à eux, des engagements sur cette thématique. C’est ce qui ressort du dernier baromètre Ocirp [1], présenté en novembre : 74% des particuliers estiment que la dépendance doit être un enjeu de cette campagne électorale. Ce chiffre atteint 64% parmi les responsables des ressources humaines et 71,9% chez les partenaires sociaux.
Il sera donc de plus en plus difficile de repousser subrepticement les décisions au motif de nouvelles études. Car les études, les tiroirs de la République n’en manque pas.
On appréciera donc à sa juste valeur l’analyse que présentait l’Ocirp lors de sa dernière Journée de la dépendance. De quoi s’agit-il ? D’un travail approfondi sur les prises de positions, les propositions, les axes de réforme émis par les uns et les autres au cours des débats.
Du coté de l’OCIRP, on a voulu tirer les enseignements de tous ces travaux. Que reste-t-il de tous ces rapports ?
En la matière, la République a été généreuse. 7 rapports majeurs depuis 2005, 66 acteurs ont pris part aux débat de 2011, dont 16 ont énoncé quelque 324 propositions, recense l’OCIRP.
Le premier élément qui frappe, c’est l’évolution des axes forts des différents rapports. Alors que les premiers travaux se penchent essentiellement sur l’accompagnement des personnes et les services associés, les derniers sont très orientés autour des questions financières de la prise en charge.
Le second élément concerne les évolutions possibles pour ce financement de la prise en charge. Sur les 75 prises de positions en ce domaine, 47 avancent une solution mixte, alliant le public et le privé ; 11 ne recourent qu’au public et seulement 3 au privé.
Un travail important a été fait par les équipes de l’OCIRP autour des débats conduits, en 2011, sur le dossier dépendance. Ainsi, elles ont analysé et répertorié les 324 propositions selon 16 axes. Premier point fort des débats : la prévention et l’information qui sont considérées comme les parents pauvres de la politique française. Viennent ensuite l’aide aux aidants, thème également récurrent dans les rapports officiels et la gouvernance, ce qui constitue aux yeux des responsables paritaires une surprise de taille. A l’autre bout de l’échelle se trouvent la technologie et la recherche, un axe qui est émergent dans les réflexions les plus récentes.
La situation des personnes âgées en établissement, le maintien à domicile et la solvabilisation des publics sont également des axes forts des différentes propositions.
Notes
[1] Union d’institutions paritaires diffusant un produit original de dépendance collective en points
Des préoccupations différentes selon les publics
Qui pense quoi ? Là encore, l’étude menée par l’Ocirp apporte des éléments intéressants.
Plus que la dépendance, le vieillissement
Pour Terra Nova, la priorité est à donner au domicile de toutes les personnes âgées. Et de préconiser une loi pour répondre à tous les enjeux du vieillissement, plus que sur la seule dépendance.
Les déterminants sociaux de la dépendance
Le professeur Jean-François Dartigues a mis en évidence le lien entre niveau de diplôme, activité intellectuelle et culturelle, et fréquence de survenance de la dépendance.





